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12 / 02 / 2006,
20:59
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6 juin 2014.
4 h du matin. De longues formes noires lugubres
quittent les ports anglais et glissent furtivement vers les côtes françaises.
Mis à part le sinistre ronronnement des diesels et la lancinante lamentation des
câbles qui déchirent le brouillard, ainsi que les coups sourds d’origine
inconnue étouffés par les coques, le silence est total.
Dans les flancs des transporteurs de troupes, les
hommes, serrés les uns contres les autres, moitié assis, moitié couchés, ont les
yeux fermés ou vides. Beaucoup comme Brian mâchent un chewing-gum pour lutter
contre le stress et le mal de mer.
A quoi peuvent-ils penser ?
Aujourd’hui, ils partent à la reconquête d’un état
voyou, la France, qui depuis 5 ans refuse d’adhérer au traité de non piratage
des œuvres artistiques. Le bras de fer, qui a été efficace dans le reste de
l’Europe est resté vain au pays de l’Exception Culturelle.
En 2007, après la chute du gouvernement libéral,
la coalition de gauche a remplacé le Ministère de la Culture par le Ministère du
Patrimoine. A ce titre, les œuvres françaises furent déclarées nationalisées et
accessibles à tous. Toute protection gênant la réalisation d’une copie privée
fut jugée illégale. Les produits culturels étrangers intégrant des protections,
dépendants alors du Ministère du commerce Extérieur, furent déclarés « non
conforme » à la vente et interdits à la commercialisation sur le territoire.
Néanmoins, les internautes souhaitant malgré tout consommer ces produits
pouvaient les importer à titre individuels, au nom de la liberté de chacun. En
outre, radios, télévisions et cinéma pouvaient très bien distribuer films et
musiques. Seule la vente de mp3 ou de dvd bridés sur des sites et des serveurs
français était interdite.
Les majors décidèrent par contre un embargo total
pour la France. La RIAA licencia ses artistes français. Johnny Hallyday s’exila
définitivement en Belgique, Florent Pagny avait depuis longtemps préparé sa
reconversion en Amérique du Sud tandis que bon nombre d’entre eux , trop vieux
pour évoluer, prirent leur retraite en des lieux reculés. Les chaine de la TNT
et M6, par manque de contrats de publicité (Coca-cola, Nike, Warner…) firent
faillite. Et TF1 redevint la première chaîne des français, FR1 afin de
bénéficier de la redevance, bien que celle-ci fut réduite de moitié. En effet,
les producteurs de programmes français devinrent moins gourmands et la
concurrence pour attirer des vedettes « chères » était terminée. FR3 fusionna
avec arte devint la chaîne culturelle, avec mission d’intéresser les enfants
(ainsi le coté ennuyeux d’ARTE fut banni des ondes), FR2 devint la chaîne du
Cinéma et FR1 celle des variétés et des séries françaises. La CINQ redevint la
chaîne de l’info avec Jean Claude BOURRET comme directeur. Canal + fusionna avec
TPS pour être la grande chaîne du sport. Les Français s’y abonnèrent d’autant
mieux que la non-concurrence permit d’acheter le foot et le rugby dix fois moins
cher et que les tarifs furent divisés par 3. Une chaîne musicale payante, avec
des animateurs de radio, fut créée et diffusée sur le net, avec un tel succés
que des internautes du monde entier s’y connectèrent dés que l’embargo mondial
contre les œuvres françaises fut mis en place. De plus, la récupération en
streaming des morceaux diffusés était autorisée puisque l’auteur était rémunéré
grâce aux abonnements à chaque diffusion, chaque titre ne pouvant être diffusé
qu’une fois par semaine, ceci afin de permettre le passage de tous les titres
plébiscités par un panel aléatoire d’internautes qui changeait toute les
semaines. L’embargo des produits américains eut une nouvelle conséquence
imprévue. Le rap tomba en désuétude dans les quartiers « sensibles » qui
développèrent leur propre style. Ainsi dans la musique, puis les autres médias,
il put y avoir, comme l’avait souhaité sans rien faire pour le mettre en œuvre
un ex-président Français, une diversité culturelle plus représentative de la
population.
L’embargo eu aussi d’autres répercussions dans
d’autres domaines commerciaux.
Dans le domaine vestimentaire, des marques
françaises comme « Le Coq Sportif » renaquirent de leurs cendres pour supplanter
NIKE et ASICS. La marque au crocodile choisit de se démocratiser et décupla ses
bénéfices en 5 ans, surtout qu’elle se relocalisa en France pour éviter la
contrefaçon chinoise, après qu’elle eut constaté qu’on trouvait sur les étals
des petits revendeurs thaïlandais des modèles avant leur diffusion en
France.
Malgré les DRM installées sur les titres
internationaux, les pirates français parvenaient à les détourner légalement sur
leur territoire. Et ils ne se gênaient pas de les diffuser à des internautes
étrangers libres de toute protection.
Les majors firent alors pression sur les
gouvernements mondiaux pour déclarer la France état voyou, qui refusait de
poursuivre en justice ses programmeurs-pirates.
Voilà en gros ce que pouvait savoir chaque homme
qui embarquait aujourd’hui pour défendre la culture face aux pirates d’état
voyou. Les détails, ils n’avaient pas besoin de les connaître, mais surtout peu
de gens les connaissaient en dehors des français.
L’Europe, au point mort, noyautée par les lobbies
libéraux, après le « non » Français, Anglais et Polonais ne sut dire « Non » aux
Etats-Unis.
Les soldats de l’Alliance ne savaient pas ce qui
les attendait sur les côtes françaises. Mais cette campagne ne ressemblait à
aucune autre.
Aucune préparation par des bombardements. Les
avions n’avaient pu risquer leurs ailes au dessus du territoire français. Malgré
leurs tentatives de brouillage, les satellites français et les radars étaient
toujours opérationnels. Les missiles matra avaient la réputation d’atteindre
leurs buts à 97% et l’avion furtif américain faisait bipbiper de rire les radars
de Thomson.
Durant 6 mois, 800.000 alliés se positionnaient en
Angleterre, seul pays européen limitrophe ayant autorisé le stationnement de
leurs troupes.
En face, le long de l’atlantique, c’était
l’inconnu. Les satellites n’avaient déterminé aucun mouvement de troupe. Aucune
fortification n’avait été édifiée. Mais les sous-marins atomiques français
n’étaient pas à leur port d’attache. L’aviation Française pouvait intervenir en
cinq minutes avec des armes classiques comme des armes nucléaires. L’affirmation
de l’utilisation de cette arme, faite début 2006, retentissait aujourd’hui d’un
écho sinistre. L’Amérique riposterait-elle de la même façon pour envahir un pays
? Surtout que la bombe lancée sur le territoire français ne pourrait pas être
assimilée à une attaque sur le territoire américain.
Pire. Les responsables politiques français avaient
fait mine d’ignorer sciemment l’ostensible montée en puissance des troupes
pré-positionnées… Il n’y avait pu avoir montée de ton diplomatique et les
dernières injonctions de Washington ne pouvaient être assimilables à une
déclaration de guerre. Mais il était peu probable d’être attendu par un régiment
de douaniers qui allaient se contenter de demander "papiers, SVP ?".
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