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16 / 02 / 2006,
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30 janvier 2007.
La campagne électorale bat son plein. Chaque
formation politique bat le rappel de ses troupes. 2006 a été une année de fin de
règne. Si la bourse a progressé jusqu’à novembre, elle a ensuite plongé et après
quelques rebonds erratiques est tombée dans une atonie légèrement négative, mais
20% en dessous de ses plus hauts de l’année. Il faut dire que le budget voté en
novembre a été un véritable cadeau fiscal pour les classes supérieures. Les
classes moyennes n’ont eu droit qu’aux miettes et le budget voté, à part pour le
ministère de la Défense Nationale et celui de l’Intérieur est en baisse pour
toutes les autres administrations, et surtout la Justice.
La Gauche promet la suppression du CNE et du CPE.
La Droite parle de nouvelles mesures contre l’insécurité et défend son bilan :
100.000 chômeurs de moins cette année. Aux informations, chacun se presse pour
commenter la mort de chaque célébrité, comme si il regrettait la voix qui vient
de s’éteindre et qui lui était destinée. On a d’ailleurs l’impression d’assister
à une hécatombe, et parfois on se demande « mais c’est qui au fait dans la boite
?» car on voit plus les hommes politiques que l’hommage au défunt. Il faut dire
que tant qu’il n’a pas réellement les racines de pissenlits comme voûte céleste,
on a l’impression que l’infortuné a été enterré plusieurs fois.
Dans ce contexte, les éternelles discussions sur
le projet DADVSI 2 n’ont pas progressé. Après le coup de force du Ministre de la
Culture en 2006 et malgré les protestations des internautes et des organismes de
défense des consommateurs, les DRM sont devenues légales. Néanmoins, aucun
internaute n’a encore été traduit devant les tribunaux malgré le flicage et la
mise en place d’un système de répression gradué non avalisé par DADvSI 1. On
attend la décision du Conseil d’état, qui n’est pas pressé de se prononcer à
nouveau dans la conjoncture actuelle.
Mais les internautes s’adaptent déjà. Un CD de
musique drmisé est d’abord craqué. Puis on lui adjoint une enveloppe de code qui
le rend semblable à un morceau protégé, mais qui autorise 1024 copies. Et
d’ailleurs, des petits logiciels permettent de faire sauter sur un morceau le
nombre de copies autorisées pour des morceaux acquis légalement.
Quand à se procurer le dernier exemplaire de la
DRM qui tue, c’est le lot de quelques bidouilleurs que d’acheter légalement la
dernière daube en tranche, afin d’être le premier à faire exploser la
protection. D’autres rootkits ont aussi fait leur apparition. Au bout d’une
semaine, au lieu de renvoyer des répertoires de fichiers, ils expédient
journalièrement des listes d’insultes choisies à leurs concepteurs.
Mais ces blagues de potaches n’amusent guère
certains sombres personnages, serviteurs de nains. Des listes d’adresses MAC
suspectes sont constituées dans des caves parisiennes. Leur emploi dépendra du
résultat des élections. Les listes d’adresses internet des pétitions anti-DADVSI
sont aussi pieusement conservées.
Un nouveau support de musique est aussi sorti. Il
s’agit de deux bouchons auriculaires reliés par un fil dont l’un est équipé de
trois petits boutons : On-Off , « morceau suivant », et mono/stéréo. A
l’intérieur du premier petit bouchon, une carte mémoire miniature contient
l’album. Dans l’autre, une pile. Les nouvelles chaînes hifi sont aussi vendues
avec un orifice permettant l’introduction du petit album-bouchon. Ainsi,
l’écoute y est possible de façon plus conviviale que celle des amoureux qui se
mettent chacun un bouchon (oui, dans l’oreille) et restent quasiment joue contre
joue « Le temps d’une chanson ». Bref, les ventes de constructeurs de matériels
audio restent soutenues. Les bouchons piles peuvent se changer, tandis que les
bouchons-album peuvent être utilisés indépendamment avec la chaîne ou même un
téléphone portable nouveau modèle ( produits qui se vendent comme des petits
pains).
Le problème, c’est que malgré cela, il faut se
coltiner 3 minutes de sermon non débrayable sur la vilaineté qui consiste à
pirater de la musique. Pourtant, le prêt de bouchon-album peine à se
développer…
Le 4 février 2007, pour la Sainte Véronique,
patronne des photographes, un jeune programmeur diffuse sur internet l’arme
absolue contre toutes les DRM. Son programme, basé sur le test du couillon , la
cryptographie et la validité du signal reconstitué évite les pièges
d’identification, trouve la clé de décryptage et commence la lecture au bon
endroit à tous les coups. Véronique deviendra aussi la Sainte des Cloneurs
quelques mois plus tard en souvenir de cette date.
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