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20 / 02 / 2006, 19:29

La cache aux serveurs

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5 mars 2015

 

« Une cache de serveurs Internet clandestins a été découverte sur la zone industrielle de Plaisir (yvelines), dans un entrepôt en sous-sol. Six soldats américains ont été tués par une grenade lâchement jetée dans un espace confiné par un terroriste qui s’est enfui. Néanmoins, le matériel informatique est intact ».

 

L’image montre un sas noirci derrière lequel ont trouve des ordinateurs aux façades clignotantes. L’officier de communication élude les questions concernant les circonstances et les investigations en cours. Secret absolu. « Tout au plus affirme t-il d’un air satisfait, je peux vous dire que grâce à cette découverte, d’autres suivront et que les heures du réseau internet clandestin sont comptées ».

 

A l’état major américain cependant, l’optimisme n’est pas de mise. Une nouvelle vidéo, sur le réseau clandestin, donne une autre version des faits.

 

2 mars 2005 (Trois jours plus tôt)

 

L’homme a été trahi par son passé. Il figurait sur des photos prises par les marines vingt ans plus tôt lors de manœuvres communes en ex-yougoslavie. Alors simple sergent de l’IFOR, il était responsable du montage des quelques ordinateurs français en réseau pour l’Etat Major de la DMNSE. Son dossier civil indiquait un emploi de cariste dans cette société de déménagement. Un emploi peu compatible avec ses capacités et ses diplômes.

 

Une section a donc pris d’assaut le bâtiment, sans aucune résistance. A l’intérieur, ils ont trouvé une trappe en bois donnant sur un escalier en béton. En suivant cet escalier, ils ont trouvé une porte blindée.

 

Un petit peu de C4 au niveau de la serrure et ils sont entrés, dispositifs infra rouge sur les yeux, bouchons dans les oreilles, casque sur la tête, arme en avant.

 

Un homme leur tournait le dos. Il tapait avec frénésie au clavier de son micro. Ayant peur qu’il soit en train de détruire des données confidentielles, le caporal ouvrit le feu. La balle qui lui traversa l’occipital ressortit en faisant sauter une grande partie du frontal vers l’avant et projeta de la cervelle sur le moniteur de 19 pouces plat, moniteur qui noircit dans la seconde, traversé lui aussi de la même balle.

 

Le reste de la tête retomba sur le clavier et le sang s’écoula sur et entre les touches. L’homme était seul et une alarme hurlait frénétiquement. Dix secondes plus tard, alors que toute l’équipe était dans la pièce, à la recherche du dispositif d’arrêt de l’alarme, une explosion secouait la pièce et tuait tous ses occupants, détruisant le matériel de cette pièce comme tous les serveurs de la pièce voisine.

 

Durant trois jours, une équipe nettoya les lieux, obtura la pièce voisine et monta quelques micro-ordinateurs afin de les faire passer à la télévision, et transformer ce fiasco en premier succès.

 

Peine perdue. Ce que les officiers de renseignement purent voir, ce 5 mars 2015, en même temps que le reste du monde, c’était la mort du malheureux technicien, vue de face, puis l’intrusion des soldats et la terrible explosion meurtrière. La caméra a été détruite par la déflagration et le film s’acheva brutalement. Puis une voix off expliqua « cet homme était en train de vouloir sauver sa vie et celle des autres. En cas d’intrusion non autorisée de la première porte, une procédure d’auto destruction est lancée. Si le technicien parvient à taper un code de six chiffres, il y a trois minutes de délai supplémentaire. Si la deuxième porte est forcée au C4, tout explose. Si on veut l’ouvrir délicatement, il faut plus que trois minutes. Si le technicien n’avait pas été abattu sans sommation, il aurait pu tout expliquer et sauver tout le monde…

 

Et puis, un message de félicitation : « Grâce à votre action d’éclat, vous avez réussi à détruire une grappe de serveurs. Ces serveurs, en raid avec d’autres grappes, avaient leurs données propres stockées sur les autres grappes. Il a donc suffit d’activer une nouvelle cache, une heure plus tard, pour pouvoir reprendre le débit théorique maximal sur le réseau. A cette vitesse là (Huit mois pour découvrir la cache), il vous faudra quelques siècles avant de toutes les découvrir ».

 

Le réseau clandestin fut baptisé l’ « hydre de Lerne » et l’état-major engagea cinq cent informaticiens indiens, à Bangalore, pour pouvoir étouffer d’un coup l’ensemble du système. Ce qu’ils n’avaient pas encore compris, c’est que de toute façon, il y avait un taux potentiel de remplacement de 1 pour 500, et que certaines grappes, prêtes à démarrer, étaient configurées pour prendre le relais, avec une situation avec 24 h d’écart , de la totalité du réseau, en moins de 10 minutes.

 

Mais, l’état-major savait maintenant que l’Armée Française avait réussi là où toute autre armée avait échoué. Son effectif et ses matériels étaient totalement intégrés dans la structure civile. Nombre de citoyens devaient pouvoir s’armer et s’équiper en quelques heures, voire quelques minutes. A part pour des périodes d’entraînement, périodes suspendues depuis l’invasion, les militaires avaient un emploi régulier au sein du secteur civil. Et le « pire », c’est que le gouvernement fantôche croyait toujours qu’il devait en recréer une et s’étonnait du manque d’intérêt de leurs concitoyens pour les campagnes de recrutement…

 

Bien sûr, hiérarchie militaire et gouvernement parallèle devaient fonctionner de la même manière… Les institutions renversées n’étaient qu’un simulacre, remplacé par un nouveau qui en était un aussi. Leurs « alliés » français, au «pouvoir » ne se vantaient pas de servir à rien. L’ordre régnait en France grâce au vrai pouvoir, bien dissimulé, mais omniprésent. A peine les forces alliées seraient-elles reparties que les instances aujourd’hui en place seraient déchues sans coup férir.

 

Et dans les casernes alliées, c’était le souk. Si l’annonce de six morts avait inquiété depuis 72 heures, le petit film avait sapé tout le travail de remise à niveau de la discipline en trois minutes, sans compter pour les soldats à tous les niveaux la perte de confiance en leurs chefs suprêmes. Et les sorties distraction reprenaient de plus belle. Si l’état-major avait dit ce qu’il savait, il serait passé pour paranoïaque. Il fallait provoquer les français pour avoir, tant qu’il en était encore temps, un véritable affrontement.

 

© 2006