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26 / 02 / 2006, 21:54

Contre-attaque

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Janvier 2009

 

Un informaticien télécharge le dernier clip de Madonna. Et sa bécane, équipée de Windows Vista se réinitialise. 5 minutes plus tard, l’ordinateur ne redémarre toujours pas, tandis que son modem clignote comme un forcené. Alerté, il retire le câble ADSL. Message d’erreur et Windows lui rend la main.

 

Il rebranche le câble et la transmission reprend. Windows est à nouveau bloqué. Il débranche à nouveau. Puis il démarre son portable, lance son sniffer et rebranche le câble ADSL. Le résultat : avec l’analyse de trame, il constate que son ordi est en train de scanner le disque dur et expédie la liste de tous les fichiers ayant une extension multimédia à une adresse IP précise.

 

Cette fois, il arrête son fixe. Et cherche à identifier l’adresse IP.

 

Difficile. Il va se faire aider par ses camarades. Après moult recherches, il a l’idée de se reconnecter au site de téléchargement de son clip. Bingo, l’adresse IP recherchée appartient au même D.N.S .

 

Un petit groupe va paramétrer une machine pour intégrer le réseau avec un statut d’administrateur.

 

Les autres donnent l’alerte sur les fora. Le clip est téléchargé sur un disque externe. Au redémarrage du PC, ils le stoppent. Le disque externe est connecté sur un micro pingouin. Le clip est disséqué. Le rootkit identifié, et on parvient à détecter son login et son password pour écrire sur le serveur récepteur, celui qui va servir de preuve pour les majors afin d’attaquer les internautes en justice.

 

Certains veulent hacker la bécane. Mais depuis les lois iniques de 2006, seules les majors ont le droit de pénétrer les disques durs qui ne leur appartiennent pas, et juste pour «vérifier qu’elles n’ont pas été spoliées ». Les autres risquent très gros. Les politiciens obnubilés par les modifications concernant le droit d’auteur n’ont pas touché à ce qui permet encore de «tenir» les internautes, à savoir quelques dispositions techniques qui avaient été discrètement introduites et dont personne d’important ne s’est battu pour en demander l’abrogation .

 

On décide de relâcher le rootkit, génétiquement modifié. Sa signature lui assure le passage à travers tous les pare-feu dans les deux sens. Les antivirus le scannent et le laisse circuler. Au lieu qu’il reste accroché sur son fichier son, il est couplé à un organe reproducteur qui le colle dans les exécutables et les messageries. Et au lieu de renvoyer des listes de fichiers multimédia, il va renvoyer le contenu des répertoires de Vista, avec extension mp3, à peu prés 100.000 entrées de répertoire. Multiplié par le nombre d’internautes qu’il va infecter dans les douze heures avant de se déclencher, il va polluer les données déjà collectées et saturer le réseau de la major espionne.

 

Le résultat fut au-delà de toute espérance. Mais le grand public ne sut jamais pourquoi tous les services internet mondiaux furent arrêtés durant deux semaines.

 

Et malheureusement, aucun gouvernement n’osa poursuivre la major au « rootkit ». Les frais et parfois les terribles conséquences furent à la charge des victimes.

 

En France, les fora spécialisés parvinrent à faire comprendre aux militaires la cause de la propagation express. Les antivirus ne devaient pas tolérer de signatures du tout. Et on doit connaître les programmes autorisés à franchir les pare-feu.

 

En Amérique, on sait aussi qu’il s’agissait d’un coup d’origine française. Mais ils ne pouvaient rien dire non plus. L’attaque « informatique » ne venant pas d’eux, ils n’avaient pas protégé leurs serveurs. Et ils ont perdu le coup d’avance qu’ils avaient en ayant imposé les DRM et en en étant les créateurs. Leur arme a été retournée contre eux avant qu’ils ne s’en soient servis.

 

En France, la petite dizaine d’informaticiens responsable de la riposte fut mise au secret par les militaires. La prison ou l’engagement. S’engager, c’était aussi être protégé d’une « demande » américaine. Le haut gradé qui les reçut sut entre deux sucettes les convaincre.  Le choix fut donc vite fait, surtout que le grade proposé n’était pas celui auquel on débute habituellement. Il faut dire qu’ils étaient devenus les vétérans de la première bataille numérique globale.

Et ils ne le regrettèrent pas. Ils avaient accès à tous les moyens pour identifier les sites ennemis, et disposaient déjà d’une petite liste intéressante. L’équipe en place les accueillit avec le sourire et deux ans plus tard, ils étaient de hauts responsables de la nettisation militaire.

 

© 2006