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06 / 03 / 2006,
20:13
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Avril 2009.
Les lois
anti-trusts sont abrogées par le sénat américain. Les plus grosses firmes
mondiales fusionnent en deux camps en l’espace de trois mois dans tous les
secteurs ( les industries gravitant autours du pétrole, de l’énergie, de la
sidérurgie, de l’exploitation minière, de la chimie fusionnent avec les banques,
assurances, fabricants d’automobiles, l’immobilier, le tourisme et bien sur
l’informatique, le cinéma, la télévision, la radio, internet, la
musique…)
La course à la conglomération de ces deux géants déstabilise les bourses
mondiales et inquiète les gouvernements.
En effet, les petites entreprises sont absorbées puis fermées ou
intégrées. Les taux de chômage, du cadre à l’ouvrier, explosent dans le monde
entier. Des marques disparaissent brutalement . Les délocalisations sont
amplifiées. L’inflation est relancée car les groupes empruntent massivement pour
réaliser les acquisitions.
Dans le même temps, les médias minimisent les conséquences par la censure
et le mensonge. Les hommes politiques cèdent à la corruption ou à d’autres
pressions des lobbyistes et les citoyens du monde sont plus préoccupés par la
survie immédiate, la peur du lendemain, l’insécurité ou le prochain match de
foot (selon cas personnel).
Des deux boules de neige qui ont lancé le mouvement, l’une se met à
attirer plus fort que l’autre, et très vite l’écart se creuse. Encore trois mois
et la World Company inventée vingt ans plus tôt est devenue réalité. Elle brasse
la quasi-totalité de l’argent de la planète. La concurrence n’existe plus
qu’entre petits revendeurs, qui achètent chez le même grossiste, au même prix
sur internet, même quand il s’agit de produits frais. Les paysans produisent au
prix imposé. Seules les marques du « bon camp » subsistent. Coca-Cola se frotte
les mains.
La seule concurrence entre entités est la compétitivité de la production.
Si un directeur ne veut pas être viré, si les employés ne veulent pas de
délocalisation, il faut produire et accepter des baisses de salaire.
La peur du chômage, le fatalisme, l’apathie et la faiblesse des hommes
politiques corrompus permet la prise en main du pouvoir par les 50 grands PDG,
responsables chacun d’un secteur d’activité.
La seule opposition qui commence à prendre forme, de part le monde, est
celle des chômeurs. Les grandes entreprises veulent bien diriger le monde, elles
laissent aux politiques la gestion de la fonction publique et celle des impôts,
qui permettent le train de vie de l’état, à condition que la totalité de l’impôt
soit prélevée sur les individus et non les entreprises. Ensuite, l’état achète
aux entreprises, au prix fixé, ses produits. Certaines « ristournes » seront
fonction de la docilité des lois pour motiver les masses à produire et à
enrichir la caste des entrepreneurs.
La France, comme le reste du monde, a subi ce tsunami économique. Mais
elle est un pays avec beaucoup plus de fonctionnaires que ses voisins, et avec
un passé politique considérable.
Enfin, le goût du bon vin, du fromage et de bien d’autres spécialités
culinaires n’est pas compatible avec la culture hamburger. Un rejet de la World
Company se développe progressivement.
En avril 2011, le pays est au bord de l’émeute. Les 25 % de chômeurs sont
rejoints dans la rue par les 70 % de smicards. En effet, après le smic jeune
inférieur au smic normal jusqu’à 30 ans (formation permanente) et le smic vieux
institué en complément de retraite pour une cessation progressive d’activité
jusqu’à 70 ans lui aussi inférieur au smic normal, le gouvernement a l’intention
de supprimer le smic (coût des fonctionnaires trop élevé) et de rendre
concurrentiel entres employés le salaire avec une solution de « moins disant »
pour occuper un poste précis.
Dans la rue, les CRS et les gendarmes mobiles refusent d’effectuer le
maintien de l’ordre, même avec les primes promises. L’Armée n’occupe que les
points sensibles vitaux. Elle n’est plus assez conséquente pour pouvoir autre
chose. Les magasins qui n’appartiennent qu’à la World Company sont pillés. Dans
les usines, seuls les bureaux de patron sont saccagés. La population ne s’en
prend pas à « l’outil de travail ». Rétrospectivement, on s’apercevra que le
mouvement de révolte a été « encadré ».
Les émeutes ne se passent pas que dans la rue. Les internautes les plus
actifs politiquement et socialement se passent le mot pour provoquer des dénis
de service sur tous les sites. Les serveurs commerciaux privés « tombent » ,
abattus par de pernicieuses commandes ou « croulent » sous les assauts de robots
générateurs de requêtes.
Ce soir du 10 mai 2011, l’Elysée, Matignon ,l’Assemblée Nationale, le
Sénat et 25418 mairies ou préfectures sont assiégés par une foule vociférante,
mais non destructrice. Elle réclame la démission de tous les
politiques.
La France sera aussi le seul pays à réagir ainsi jusqu’en 2017. Mais là
est une autre histoire.
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