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22 / 06 / 2006, 21:08

Au bout du monde

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Avertissement avant lecture

 

 Changement de décor. J'espère qu'il vous plaira. Bien sûr, il y a des inventions personnelles. Mais, il peut être intéressant de se reporter à ce lien pour comprendre un peu l'histoire de ce nouveau décor ou j'essaierai d'apporter ma perception.

 

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/pacifique/ncal4fluc_pol.htm

 

 

Août 2015

 

Il fait nuit, et frais. Elsa est surprise. En ce mois d’août 2015, elle a quitté Paris à midi où il faisait déjà 31 degrés et elle arrive à la Tontouta de nuit à 13 degrés. Environ 24 heures de trajet et elle frissonne car elle n’a pas pensé à prendre un sweat-shirt dans son bagage à main.

 

C’est l’hiver dans l’hémisphère sud. Bien sûr, les cocotiers ne gèlent pas. Christian lui entoure les épaules pour la réchauffer et c’est ainsi qu’ils font la queue pour passer la douane de Nouvelle Calédonie.

 

Christian et Elsa sont munis de vraies fausses cartes d’identités électroniques. Ils portent aussi des prothèses en silicone sous les pommettes, autour des yeux , et ils ont discrètement mis leurs appareils dentaires qui déforment légèrement le galbe des joues afin de modifier l’analyse de leur visage devant les caméras.

 

Ils portent aussi des chaussures qui leur rajoutent 3 cm sans que rien ne le laisse supposer par leur aspect. Leur enfant les rejoindra plus tard, car les contrôles sont beaucoup plus difficiles à passer pour les adultes accompagnés d’enfant.

 

Ils sont censés être professeurs, de musique et de mathématique, devant prendre leurs fonctions pour la rentrée 2016 (Fin février : il y a un décalage aussi pour les cycles scolaires) et devant suivre un stage de formation à Nouméa avant d’être affecté dans un collège du « caillou ».

Les américains sont eux aussi présents à la douane calédonienne.

L’invasion en France a eu lieu le 6 juin 2014.

En septembre 2014, une force multinationale locale, commandée par les américains, est venue stationner en Nouvelle Calédonie.

Le seul port en eaux assez profondes est le port de Nouméa. Néanmoins, l’armada américaine n’a pas un seul bâtiment présent.

Ce sont les Australiens qui ont « la maîtrise des mers » le long des côtes calédoniennes.

Ils connaissent bien ces eaux pour avoir souvent croisé dans les parages en compagnie des français, lors d’exercices militaires conjoints.

La Nouvelle Zélande a refusé de participer à l’occupation. Les liens d’amitié tissés avec les français, comme les liens existants entre communautés mélanésiennes ont motivé cette décision du gouvernement Néo-Zélandais, à majorité Maori. Le jeune roi du Tonga, désireux de plaire aux américains fournit une compagnie terrestre, ainsi que deux officiers de liaison au sein de l’état-Major, Le Vanuatu et les Iles Fidji, pauvres, en ont fourni une autre, mais sans l’équipement, la nouvelle république du Patékau a envoyé deux sections motorisées de reconnaissance, et enfin le Japon profite de cette occasion pour exporter son armée en dehors de son archipel et fournit 300 hommes pour la protection de l’état-major allié à Nouméa et la sécurité de ses ressortissants et de son voisin la Chine, assez nombreux à s’être implantés en Nouvelle Calédonie et pour développer une implantation commerciale jusqu’à ce jour assez légère .

 

Les Américains ont investi l’ancien aéroport militaire français contigu à l’aéroport civil. Ils ont aussi un régiment de 500 hommes à Nouméa, 1000 hommes environ, de Goro à Yaté, pour protéger l’usine de traitement du nickel de la world company, un temps « confisquée » par l ‘état français. Ce sont des australiens qui sont stationnés dans la Baie de Prony.

 

Et encore 500 soldats dans la Province Nord, répartis en 5 implantations stratégiques : Koné Koumac, Poum , Pouebo, et Hienghène.

Paradoxalement, la population locale a bien accueilli leur arrivée pour des raisons historiques.

Durant la deuxième guerre mondiale, la Nouvelle Calédonie fut une « base arrière » pour les forces américaines du pacifique. Les caldoches firent énormément de bénéfices sur le dos des troupes. Le port de Nouméa et la ville furent modernisés. Quand au canaques, la venue des américains leur permit de commencer à se libérer du sous état social dans lequel les maintenait le gouvernement français local (Code de l’indigénat).

 

Les « campagnes » calédoniennes avaient alors adopté « l’american way of life » et en brousse calédonienne, encore aujourd’hui, on organise ses rodéos, on roule en pick-up 4x4 ou on se déplace à cheval. Les fermes s’appellent des « stations » et on se la joue très «cow-boy» avec les troupeaux.

 

Les jeunes canaques et wallisiens aiment bien aussi émailler leur parler de mots anglais. La fraternisation avec les troupes a donc été quasi – immédiate, surtout que le référendum sur l’autonomie de la Nouvelle-Calédonie (auto-détermination), définis en 1998 par l’accord de Nouméa, avait pris en 2011 deux ans de retard et que la population autochtone a interprété ce fait comme un manquement à la parole donnée et une tentative de prolongation supplémentaire de l’emprise Française sur le pays.

 

L’attente est longue. Malgré le confort de l’avion de « AIR CALIN », Elsa n’a pas pu vraiment dormir dans l’avion. Pas bien dynamiques ces douaniers.

 

Ils passent les contrôles d’identité, récupèrent leur bagages, passent déclarer leur camescope et leur appareil photo numérique, et alors qu’ils se croyaient enfin libérés, ils se font arrêter juste avant la sortie par un gros douanier.

« Veuillez ouvrir vos valises s’il vous plait »

« Je n’ai rien à déclarer de plus vous savez »

« Pas de fruits, de miel, de conserves… »

« Euh non… »

« Je vais vérifier »

« Ma chérie, c’est un contrôle phyto-sanitaire » intervient Christian

« ??? »

« Veuillez excuser mon épouse, Monsieur. Elle n’a pas dormi dans l’avion et nous avons fait une fête de tous les diables avec la famille avant de partir » fait Christian au douanier avec un large sourire tout en ouvrant la première valise.

Le douanier jette un œil, soulève deux trois serviettes.

« Il y a encore beaucoup de route jusqu’à Nouméa. On est venu vous chercher ? »

« Non, nous comptions prendre un taxi… »

« Prenez plutôt une chambre à l’hôtel. Et demain, revenez à l’aéroport et louez une voiture. Ca vous coûtera moins cher, et vous aurez déjà la voiture pour aller directement à la Baie des Citrons à Nouméa pour votre premier bain. »

Le jeune couple vient de découvrir qu’un sourire en Nouvelle Calédonie est le meilleur des passeports."

 

Post Scriptum :

 

      J’ai commencé à écrire la suite des aventures d’Elsa et de Christian en Nouvelle Calédonie.

 

Si ce texte n’est pas anti DADvSI,  il  dénonce surtout tous les contrôles anthropomorphiques au passage des frontières, contrôles très paranoïaques inutiles si il s’agit de détecter des personnes décidées et organisées, mais surtout destinés à contrôler les masses.

 

Ces contrôles s’apparentent aussi aux contrôles futurs sur le Net. Alors qu’il est toujours interdit d’ouvrir une enveloppe, des milices privées et des organismes d’états « filtrent » le net sans respecter les droits de la personne.

 

Les « bonnes intentions » affichées ne sont que des leurres, qui en plus, arrivent à convaincre une majorité passive qu’il faut un état mondial policier pour être en sécurité.

 

Au passage, l’Amérique s’impose dans notre vie quotidienne, avec en plus la complicité de nos dirigeants politiques, que ce soit pour les contrôles (passeports magnétiques),  et la sécurité (nous sommes menacés autant qu’eux grâce à eux) que par l’obligation plus forte de consommer américain (y compris « culture »)

 

L’invasion que je décris a déjà commencé depuis longtemps, néanmoins, sa pression devient chaque jour plus forte et  elle n’a pas besoin d’être physiquement sur le terrain pour en ressentir les effets.

 

Vous avez dit « politique fiction » ?

© 2006