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28 / 06 / 2006, 19:27  

La Boite de Nuit : Acte 1

 

 

Il s’agit d’une nouvelle émission : La « Boite de nuit ». 10 candidats. Après 10 jours, tous les deux soirs,  un candidat est éliminé à 0 h 00 . Il y a 2 candidats proposés à l’élimination à deux heures du matin une nuit sur deux par les clients de la boite. Durant 48 heures, les téléspectateurs votent pour garder leur préféré.

Il y a des caméras partout. Les candidats ont des micros.

La journée, ils dorment et vivent en collectivité dans deux suites.

En effet, des « jeux » sont organisés pour se « protéger » de l’exclusion. Equipe contre équipe.

Et le soir, la boite de nuit, qui peut accueillir trois mille personnes, fait payer au maximum le « public » de l’émission. C’est tout bénéfice.

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Seuls les VIP qui acceptent d’être photographiées et interviewées dans la boite ( En exclu pour la chaîne TV, qui en fin de matinée, fait paraître un numéro spécial (La Boite de Nuit) avec toutes les photos « people » en espérant bien un ou deux scandales durant l’émission.) entrent gratuitement. On leur offre même un cadeau technologique en fin de soirée aux couleurs de « La Boite De Nuit », cadeau que les téléspectateurs peuvent acheter soit par internet, soit avec le bon de commande dans la revue « La Boite De Nuit ».

 

Bien sûr, dans cette période d’un mois, certains anniversaires de stars, et des soirées à thème auront lieu. Vraiment, les téléspectateurs en auront pour leur argent."

 

Ce concept, il en est fier le petit stagiaire. Il montre qu'il a bien compris l'entreprise pour laquelle il travaille.

 

Et bien, quelques jours plus tard, le concept de l’émission est retenu, protégé puis l’émission elle-même va être reprise par un célèbre présentateur producteur. Le jeune étudiant en communication qui a présenté ce projet inédit est « indemnisé » au lance-pierres, mais on l’assure qu’à la fin de ses études, il pourra venir se faire embaucher par la chaîne, qui a bien besoin de jeunes talentueux comme lui.

 

« Chiche ? On produit !. » récupère donc la réalisation de l’émission. Le média presse de la chaîne récupère la revue. Pas la peine de faire un casting pour les candidats. Les quatre finalistes font partie des jeunes qu’il fallait lancer, copinage oblige, de toute façon. Quatre autres seront des acteurs sous contrat. Ils auront pour mission de motiver les candidats et de provoquer les conflits . Ils seront donc bien payés. Les autres pourront être extraits des fichiers du casting pour « Karaoké quête », une émission qui a été torpillée par les médias ennemis à cause du mauvais choix pour le nom. On ne rigole plus quand les pères la pudeur sortent de leur réserve. Le coté sexy est indispensable, mais il faut toujours donner l’impression que l’image a été « saisie » au vol et non posée ou organisée.

 

A la première réunion, il faut répartir les responsabilités qui rapportent sur la grille des pourcentages aux bénéfices. C’est une société de production « entre copains ». Chacun a donc son rôle. La boite de nuit choisie sera à la périphérie de Paris, aux alentours du Stade de France. Le quartier craint un peu, mais avec un peu d’emplois à la clé, et beaucoup de pigeons qui vont se pointer de nuit, tout le monde sera gagnant. Il foutra donc la paix à la chaîne. Et ainsi on pourra bénéficier des parkings du stade lui même. D’ailleurs, le stade pourrait accueillir la « finale ». On y reconstituerait la boite sur la pelouse et on pourrait avoir 50.000 personnes payantes . C’est possible ? Trop cher, trop risqué ? Trop tard ! On laisse tomber. On verra pour la deuxième édition.

 

Bon, Patrick et Léa s’occuperont du planning des VIP. 5O planifiées chaque soir. 20 seulement passeront à l’antenne avec les candidats. Elles pourraient être le « parrain d’un soir ». Oui, c’est bon ça. Et bien sûr, il faut coordonner ça pour les chanteurs, avec le passage de leur dernier tube « en boite ».

 

Au 1° juin 2009, c’est la première de l’émission.

Le générique, composé par le fils d’un grand compositeur, qui a servi durant tout le mois à la pub de cette émission est déjà un tube, sur lequel se déhanche un millier de jeunes. Les caméras zooment sur des visages connus et sur des inconnus du grand public. Ces « inconnus » sont des pontes des médias, habitués à l’ombre, mais qu’il faut montrer pour affirmer leur autorité sur le monde qu’ils administrent. Il y a aussi trois éternels ministres de la culture qui vont s’éviter toute la soirée mais qui vont traiter des affaires durant cette soirée, des personnels du CSA, de la SACEM, de Vivendi… qui profitent eux aussi de l’opportunité strass paillettes. Les flashes crépitent, puis un travelling avant conduit le téléspectateur au centre de la piste de la « Boite de nuit », sur laquelle attendent deux animateurs complices et tout sourire pour présenter l’émission.

 

Ils sont dans une bulle de verre, car autours, il y a de la musique et les gens dansent . Ils regardent les écrans géants où ils peuvent suivre l’émission en lisant les commentaires des animateurs. Ils sont aussi traqués par les caméramen et ils espèrent se voir . Pour augmenter leurs chances, certaines demoiselles ont des décolletés audacieux tandis que d’autres ont des robes fendues jusqu’à la taille. Pendant les heures de télé publique, jusqu’à 23 h 30, il faut rester soft. Mais sur la chaîne privée et la chaîne du net, tout sera possible. Les candidats sont déjà au sein des danseurs, mais personne ne les connaît. C’est quand la caméra zoomera dessus qu’ils se dirigeront vers la piste centrale. Chacun espère être à coté d’un de ces « élus » .

 

L’émission a commencé depuis un quart d’heure qu’on a juste rappelé les conditions du jeu. On en sait pas plus que ce qu’on avait déjà appris dans la promo et dans les journaux spécialisés, que c’est déjà de la pub.

 

Durant les deux premières heures, les rafraîchissement sont offerts, ce qui n’est que justice vu le prix d’entrée. Tout gêneur sera expulsé, et dehors, un millier de personne attend, espérant une place. Au bout des parkings, d’autres ont planté leur tente. Ils ont décidé de faire la queue dés le lendemain matin pour la soirée suivante. En fait de rafraîchissement, il s’agit de planteur, riche en eau, en concentré de fruits et avec une pointe de rhum. Il est impossible d’en boire déraisonnablement jusqu’au coma éthylique. Mais avec la chaleur, tout le monde ne boira et les non-consommateurs d’alcool seront tout de même un peu boostés, ce qui peut donner des résultats intéressants. Des petits cachets circulent aussi, sans danger pour la santé, mais qui permettront, vers deux heures du matin, quelques débordements lascifs. Les VIP célibataires (d’un soir) ayant trouvé une cavalière d’un moment pourront « emballer » proprement s’ils le désirent.

 

C’est le public qui paye et qui fournit la matière première. Dehors, des chasseurs … de têtes repèrent les jolies filles dans la file et les font entrer à la demande. Ils ont une webcam sur la première phalange de l’index, et le « commanditaire » choisit de son siège en fonction de ce que pointe le gorille en smoking.

On présente le premier candidat. C’est une candidate. Elodie, 21 ans, BTS secrétaire de direction. Elle aime la danse depuis toute petite. Et ça tombe bien, c’est sa vedette favorite qui la parraine ce soir. Elle fond en larmes de joie devant son idole, qui en profite pour attirer à elle toutes les attentions en étant sympa avec cette si charmante fan. Il, parce que c’est un homme, a 5 ans de plus qu’elle et il se propose d’être son grand frère pour cette soirée. Le public féminin de la boite de nuit hurle pour manifester sa présence. Il ne manque pas de petites sœurs éventuelles. Il y pensera avant de s’éclipser vers une heure du mat.

 

En attendant, il se mêle aux danseurs de la piste voisine avec la première candidate.

 

Un nouveau créneau de publicité. Les chaînes privée et du net profitent des premières indiscrétions de caméras tandis que les animateurs se préparent à accueillir le deuxième candidat. On en profite pour les motiver en leur donnant une estimation de l’indice d’audience. Ca démarre très fort.

Sur les parkings, on installe un écran géant et la sono, car les gens continuent d’arriver. On ne peut pas les laisser comme ça. Ils doivent être plus de 5000. La préfecture envoie la compagnie d’alerte de CRS, mais sans les lacrymos et les matraques. Ca va les changer pour une fois. Des tentes de premiers secours de la sécurité civile sont aussi montées. Un dispositif de gestion de la circulation est mis en place depuis le périphérique.

 

Sur le net, de nombreux groupes de discussions commencent à aborder le sujet. La dernière émission de télé poubelle ne les intéressait pas. Mais l’ampleur de son succès commence à susciter des commentaires, des projets.

L’émission devient le sujet d’actualité numéro un en France. Elle devient aussi une cible médiatique potentiellement incroyable. Les idées les plus folles commencent à germer. Certaines vont être prises au sérieux …

 

 

 

A SUIVRE

 

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