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Artistes, je vous hais.
Vous aviez un talent. Vous l’avez vendu. Vous
aviez des rêves. Vous voulez de l’argent. Vous aviez un public. Vous exploitez
un marché. Vous êtiez quelqu’un. Vous êtes un produit.
Acteurs, je vous déteste.
Vous aviez de la mémoire. Vous avez un répertoire.
Vous aimiez les personnages. Vous êtes des pantins. Vous aimiez le drame,
l’aventure, la comédie. Vous êtes Pathé..tiques.
Auteurs, je vous abjecte.
Vous connaissiez la littérature. Vous faites de la
prose sans le savoir. Vous vouliez écrire pour l’immortalité. Vous faites de la
mode. Vous deviez éduquer les masses. Vous les abêtissez pour leur plaire en les
flattant. Vous deviez créer. Vous plagiez l’existant classique en le dégradant.
Vous aviez la responsabilité du dictionnaire. Vous en avez fait un espace
mortuaire, où les mots ne font que passer pour ensuite trépasser, parce qu’au
lieu de les entretenir et de les faire vivre dans vos livres, vous interrogez
les djeuns sans culture pour y mettre des « nouveautés ».
Chanteurs … je vous cherche.
Ou êtes vous ? Ceux qui nous donnaient de la
joie. Ceux qui savaient marier musique et paroles. Ceux qui avaient un message,
de la personnalité et de l’amour à donner. Sur le net, dans le libre ? Il y
a beaucoup d’apprentis « produit de consommation », beaucoup de
pauvreté, beaucoup de copiage. N’y aurait-il plus assez de notes pour qu’on ait
besoin de bruits électroniques, de mixage… Ecoutez Brassens. Un chanteur, c’est
d’abord une voix, puis des mots et enfin une petite ritournelle. Mais c’est
surtout quelqu’un . Seulement les textes, la personnalité aujourd’hui hein ?
Quand aux voix, lissées électroniquement,
homogéinisées, elles ne laissent aujourd’hui passer aucune émotion. C’est une
signature électronique que tout le monde imite.
C’est pour ça qu’un « petit chanteur »,
dans la rue, est aujourd’hui meilleur que ce qu’on entend sur les ondes. Car il
ressent ce qu’il chante, et nous le ressentons avec lui.
Ne parlons pas des chanteurs
« engagés ». Hypocrites et sans talent. Les chanteurs ne sont que des
interprètes de paroliers prolifico-minabilis avec des
sons « arrangés »: le résultat est aseptisé et consommable par le
plus grand nombre comme peut l’être une bouillie.
Producteurs, décideurs, fonctionnaires
irresponsables et consorts, je vous déclare la guerre. Vous avez tué la culture
en lui substituant vos produits minables. Vous avez créé un marché artificiel
qui sous couvert de loisirs, est une véritable industrie du vent. Par contre, le
détournement d’argent est bien réel, qu’il s’agisse de l’escroquerie à vendre un
produit périssable très cher, de détourner des taxes et des subventions, de
monopoliser des découvertes techniques à votre seul profit ( aujourd’hui
atteinte des programmes libres et du P2P, hier, vol de la télévision et de la
radio par saturation des ondes et achat de tous les canaux possibles et demain
vol de la hifi par les formats propriétaires, le flicage en dur dans les
lecteurs de musique (ce qui était impossible sur un tourne disque ou une
cassette audio) et de films ( mort de l’analogique, qui est encore incontrôlable
à 100% et trop compliqué à faire
évoluer rapidement ). Demain, il sera impossible de passer de simples films de
vacances pris avec son camescope Hitachi sur sa télé SONY, car ils n’auront pas
les mêmes formats de DRM.
Après avoir tué la culture classique, vous
allez tuer la créativité
personnelle qui aurait pu résister à votre décervelage en règle dans l’éducation
ou par l’intermédiaire des « loisirs culturels » (Télé, musique,
radios, journaux)
People, je te méprise. Je te vomis. Je te conspue.
Médiatique, que tu sois originaire du sport, de la mode, de la chanson, du music
st1:PersonName>hall, du théâtre, de la politique, de la
radio, de la télévision, du cinéma ou d’ailleurs, dés que les journaleux sortent
leur stylo ou tendent un micro, dés qu’une caméra pointe sur toi, tu penses à
ton image, tu penses à ton argent et tu te crois supérieur au peuple qui attend
ta « prestation ».
T’es tu bien regardé ? A vouloir plaire à ton
microcosme, à vouloir convaincre le public d’acheter ta daube, à vouloir te
convaincre de ton existence, tu te rabaisses à toutes les bassesses. Tu
participes à des parties d’hypocrisie, tu défends la cause de tes financiers, tu
mens à ceux qui te regardent. Et surtout, tu es souvent très con. Et tu
entraînes avec toi les gens fragiles ou fatigués de leur journée, les enfants
laissés à eux-même, les vieux qui s’emmerdent, et surtout la masse de pauvres
qui n’ont que la télé publique vers le fond de la déchéance intellectuelle en
étouffant le sens critique, en habituant les gens à des produits minables, en
faisant rêver au luxe alors que le vrai rêve c’est une bonne vie. Mais la
frustration est le ferment de la consommation. Alors, tu gâches la vie des gens,
avec leur propres moyens (redevance, consommation qui paie la pub) en
plus.
People, tu es un parasite, une maladie, une plaie.
Les fils et les copains prennent la place des pères au sein de la mare aux
canards (ou de la fosse sceptique). Et tu t’étales partout comme une gangrène,
une pollution, une invasion. Je n’ai pas assez de salive et assez d’encre pour
lutter contre les tabloids, les multi-chaines gratuites ou payantes, les radios
et même les emballages de petits déjeuner. Je n’ai même pas une place dans les
media que tu as colonisé. Mais sur
le Net, je peux te dire mon dégout, espèce de traître, de cafard, et même de
bousier.
Ami internaute. Merci de m’avoir lu jusqu’au bout.
Copie ce texte. Va le mettre partout ou tu peux. Le Net doit rester propre, et
permettre à la dignité de l’individu de reprendre le dessus.

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