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Je puise ma source d’inspiration dans le milieu
ambiant. Elle me pénètre et je me redresse grâce à elle. Je prolonge alors
l’acte au-delà du nécessaire. In petto, je deviens plus fort. Ma tête commence à
pencher à arrière et mon regard porte plus haut. Je suspends ensuite l’effort
pour prolonger la contemplation et, au lieu de laisser fuir ensuite ce fluide
vital en vain, j’articule enfin les ondes qui vont ébranler au-delà de leurs
tympans les esprits de mes contemporains.
Je n’ai pas peur de manquer d’air, car si on peut
toujours avoir l’air de rien, l’ère du numérique est arrivée. Le virtuel
autrefois si plaisant se résume aujourd’hui en une suite de zéro et de hein. Une
onomatopée en guise de question existentielle, pour suite d’un départ à partir
du néant. Et malheureusement plus aucun progrès n’est possible dans ce monde
binaire, où le choix ne sert même plus d’axe à suivre puisque il est amendé pour
devenir négationniste. L’article 1 supprimé, les suivants n’avaient aucun sens.
L’article 1 ressuscité puis amendé restaurait le sens unique de la pensée d’un
seul camp. Les articles indéfinis de la loi DADvSI in fine introduisirent le dernier
article : l’article de la mort, pour la liberté, pour la création, pour
l’inspiration.
Voici venu le temps de l’expiration, de la tête qui s’incline vers l’avant,
des épaules qui se voûtent, du repli sur soi. Est-ce mon dernier souffle qui va
me quitter ? Au perchoir, les vautours attendent que je tombe pour me
dépecer. D’autres que moi dans cette atmosphère sont-ils assez inspirés pour
éviter que l’air ne s’échappe à jamais ? Je ne vois pas bien, mais je sais
que si nous nous courbons tous en même temps ils auront gagné.

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